Responsable : Bertrand Bonaventure (Archéodunum, CARA)
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Vue aérienne du site avec positionnement des secteurs d’occupation de l’agglomération de Nasium (1 : Portes de l’oppidum gaulois ; 2 : Poste militaire augustéen ; 3 : Temple de Mazeroie ; 4 : Centre public ; 5 : Théâtre (?) ; 6 : Quartiers domestiques).

 

    L’agglomération de Nasium s’est développée dès le Ier siècle avant J.-C., avec la fondation de l’oppidum de Boviolles. Cette ville fortifiée gauloise, qui jouissait sans doute du statut de capitale des Leuques, est représentative d’un mouvement commun à toute la Gaule qui voit le développement des premières agglomérations urbaines regroupant plusieurs milliers d’habitants et centralisant des fonctions diverses (économiques, politiques, cultuelles…). Les nombreuses monnaies et objets d’importation mis au jour sur le site témoignent, entre autres, de cette vitalité économique et politique.

    Ce dynamisme ne se dément pas avec la conquête de la Gaule par Rome (58-51 av. notre ère). Au contraire, il semble que l’oppidum connaisse son apogée dans la seconde moitié du Ier siècle avant notre ère, peut-être en raison du passage ou du stationnement de troupes romaines.

    Pourtant, c’est paradoxalement cette occupation militaire qui va précipiterFig_3bis l’abandon de l’oppidum. En effet, les fouilles récentes conduites au pied du site (le Cul de Breuil) ont montré la présence d’un petit faubourg artisanal où l’on pratiquait la métallurgie, la tannerie et probablement la teinturerie. Ce n’est toutefois qu’au début de l’époque augustéenne (vers 30 av. notre ère) que ce secteur connaît son plein développement, avec l’installation d’un cantonnement militaire de l’armée romaine venant barrer l’accès à l’oppidum.

Fouille d’une fosse de tannage.

    C’est sans doute à partir de cette période que se développe, dans la plaine alluviale, l’agglomération romaine de Nasium. Celle-ci se dote progressivement d’une parure monumentale, notamment sur le plateau de Mazeroie où s’installent le centre public (forum), le centre cultuel (sanctuaires), ainsi qu’un hypothétique théâtre. Les quartiers d’habitat se développent dans la vallée, mais l’on connaît peu de choses quant à leur nature et leur chronologie.

    Ainsi, après plusieurs années de recherche sur l’oppidum gaulois, tout l’enjeu des recherches futures consistera à préciser les connaissances sur l’agglomération romaine : mise en place du réseau viaire, développement des quartiers d’habitat, statuts sociaux des habitants… Un autre grand questionnement réside dans les raisons de l’abandon de cette ville majeure du nord-est de la Gaule. En effet, alors que la plupart des agglomérations romaines de statut équivalent ont connu une urbanisation continue jusqu’à nos jours (par exemple : Metz, Reims, Orléans…), celle de Nasium semble s’être rétractée vers le IIIe siècle de notre ère pour finalement perdre son statut de capitale et devenir la commune rurale actuelle de Naix-aux-Forges.

  En association avec les archéologues du Centre Ardennais de Recherche Archéologique, une équipe d’archéologues de divers horizons (université, CNRS et archéologie Fig_2bispréventive) travaille sur ces questions, afin de rendre au site la reconnaissance qu’il mérite.

 

 

Vue de la fouille du Cul de Breuil.

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